Les Lettres du Bien-Aimé

Nous avons naturellement beaucoup parlé de lettres au Bien-Aimé… mais qu’en est-il des lettres DU Bien-Aimé?

Celles qu’il nous a adressées, pleines d’amour et de bienveillance, nous invitant à la paix de nos cœurs, au salut de nos âmes et à la joie éternelle ? Voici une de ces lettres dictée, attribuée au Bien-Aimé et conservée actuellement au Museum King Hussain Mosque en Jordanie. En son temps, cette lettre fut adressée à l’empereur romain et byzantin Héraclius afin de l’inviter à s’ouvrir à la lumière de l’Islam et à bien guider son peuple . Cette lettre débute au nom de Dieu , le Créateur et Nourricier des liens d’Amour, et se conclue par le verset 64 de la sourate 3.

lettre adressée à l’empereur romain et byzantin Héraclius, de la part du Prophète Bien-Aimé

La question nous a été posé concernant cette lettre : qui a bien pu l’écrire puisque le Bien Aimé ne savait pas écrire ?

SAVOIR LIRE AU DELA DE LA LETTRE

Pour commencer, il est important de rappeler que si le Prophète ne lisait pas et n’écrivait pas l’alphabet des hommes, ce n’est pas parce qu’il aurait été en incapacité d’apprendre à le faire, mais parce qu’il n’avait pas besoin d’apprendre à le faire.

Qu’aurait-il pu bien faire de la science des hommes quand il recevait directement la science de Dieu ? à quoi bon déchiffrer le langage des lettres humaines lorsque son cœur était capable de déchiffrer les signes Divins ? Notre Bien-Aimé n’avait pas besoin de savoir lire les lettres pour être capable de Lire le Qor’an : N’était-il pas lui-même un Qor’an qui marche sur terre, selon l’expression de notre Mère Aïcha ?

Le fait que notre Bien Aimé soit « illettré » nous envoie un message fort : il existe quelque chose au-delà de la lettre, les lettres étant là pour nous indiquer vers ou porter notre regard, vers où diriger nos cœurs et nos sensibilités, mais les lettres ne sont pas une fin en soi. Or, nous voyons malheureusement combien de gens tombent dans le littéralisme, s’accrochant à la lettre, débattant sur la lettre, sans jamais dépasser la lettre. Le Bien Aimé nous a d’ailleurs averti quant à une catégorie de gens qui réciteront le Qor’an avec leurs bouches sans que celui-ci ne descende jusqu’à leurs cœurs. A quoi bon donc lire la plus belle des lettres d’amour si elle reste lettre morte ? Car là est le secret de ces lettres : il faut être capable de se connecter au message d’Amour qu’elle porte.

Une expression dit : « lorsque le sage montre la lune, l’idiot regarde le doigt ». Le lettre, c’est ce doigt, et la vraie question est donc : allons-nous rester fixés sur le doigt ? ou saurons-nous comprendre l’esprit du message et élever notre regard vers la lumière dans notre ciel nocturne ?

LES SCRIBES

Ceci étant bien posé, nous pouvons maintenant mieux comprendre les intentions qui ont animé la mise à l’écrit des messages du Bien Aimé : les scribes ne devaient pas chercher à figer le message dans leurs écrits, mais bien à permettre l’accès à ce qu’il y avait de vivant en eux.

On raconte que le Bien-Aimé avait environ 48 scribes à son service, dont les compagnons Abou Bakr,  Uthmân Ibn ‘Affân,  ‘Ali Ibn Abî Taleb,  ‘Omar Ibn El-Khattâb, ou encore Zayd Ibn Thâbet,  Khaled Ibn El-Walîd etc.

Ils pouvaient aussi bien noter les versets du Qor’an, que les lettres que leur dictait le Bien Aimé.

Les lettres étaient signées par le Bien Aimé à l’aide d’un sceau en forme de bague, qu’il apposait sur un cachet de cire, tel un tampon, et sur lequel était inscrit en arabe : « Mohammed l’Envoyé de Dieu ». (Nous pouvons d’ailleurs voir ce sceau en bas à droite de la lettre envoyée à Héraclius.)

Le support d’écritures étaient variés : quand il s’agissait de leur usage personnel, les scribes écrivaient volontiers sur des os plats d’animaux (omoplates) ou sur des pierres plates, ce qui constituait le matériau le moins cher et le plus répandu. On utilisait aussi du tissu, ou de la peau d’animaux. Le papier ou le papyrus étant peu répandu et plutôt chers à l’époque, il était réservé à des usages plus particuliers.

Concernant l’écriture en elle-même, vous pouvez remarquer plusieurs choses en regardant la lettre : l’écriture est de forme « carrée », il s’agit du style koufique, le tout premier style d’écriture arabe. D’autres styles sont arrivés par la suite dans l’histoire, plus arrondis, plus déliés, comme les styles diwani ou thoulouth. De même, vous pourrez noter l’absence de points ou de voyelles brèves, ce qui était la norme à l’époque : les points ne sont arrivés qu’après, et les voyelles plus tard encore, afin de faciliter la lecture et l’écriture, notamment de ceux qui n’était pas arabophones. Ainsi était donc l’écriture des lettrés de l’époque, ce qui nous monte qu’au fil du temps, la lettre change avec les époques, mais l’esprit du message, lui, est éternel.

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